Monalisa Administrateur

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Posted: Tue 28 Aug 2007 - 20:09 Post subject: Le Secret de Brokeback Mountain |
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Le Secret de Brokeback Mountain en France ou Souvenirs de Brokeback Mountain au Québec (Brokeback Mountain) est un film américain réalisé par Ang Lee, sorti en 2005.
Synopsis:
Adapté d'une nouvelle d'Annie Proulx, prix Pulitzer[1], le film raconte la passion secrète vécue pendant vingt ans par deux hommes, Ennis del Mar et Jack Twist qui « avaient grandi dans deux misérables petits ranchs aux deux extrémités de l'État [du Wyoming] ».
Ce qui suit dévoile des moments clefs de l’intrigue.
Ces deux cow-boys se rencontrent au printemps 1963, employés par le Farm and Ranch Employment, l'un comme berger, l'autre comme responsable de camp, assignés au même élevage de moutons au nord de Signal, dans un alpage situé sur la Brokeback Mountain[2], « ils n'avaient pas vingt ans ». Malgré cette intense première rencontre, suivie par une seconde seulement quatre ans après, ils font leur vie chacun de leur côté, se marient, ont des enfants, et se rencontrent épisodiquement entre le Wyoming et le Texas avant que Jack Twist ne soit tué dans des circonstances douteuses, laissant Ennis seul avec ses souvenirs.
Commentaire et critique :
La difficulté d'être gay, que ce soit vis-à-vis de soi-même ou vis-à-vis de la société, est au cœur de ce film qui emprunte au genre western tout en s'en démarquant. « Brokeback est une grande histoire d'amour épique qui représente le rêve d'une complicité totale et honnête avec une autre personne », résume son auteur Ang Lee. Une réplique de la nouvelle d'Annie Proulx a particulièrement marqué le réalisateur ("Tout ce que nous avons, c'est Brokeback Mountain"). « C'est-à-dire un endroit hors du temps, hors du monde, où, en toute innocence, ils se sont aimés, où ils ont cru pouvoir s'aimer. […] C'est ce qui m'intéressait : faire un film sur l'illusion de l'amour. Pas sur le véritable amour. On ne sait pas ce que c'est. ». « Il y a une certaine beauté dans l'état d'attente amoureuse. L'amour est comme la montagne du film. Il faut grimper, encore et encore, pour l'atteindre. C'est une question existentielle. A quoi reconnaît-on l'amour ? Et que sommes-nous prêts à faire pour le garder ? » (Ang Lee, fin 2005).
Télérama remarque que « s'il manque parfois à la réalisation, le génie spécial d'un… Wong Kar-wai pour dire le lent et vain écoulement de l'énergie vitale loin de l'être aimé, deux personnages bouleversants s'incarnent bel et bien. […] Comme s'il n'y avait qu'un seul instant d'éternité dans toute une vie et, ensuite, des décennies vouées, en solitaire ou à deux, au culte de cet instant. » (Télérama n° 2923, Louis Guichard). Le Monde, quant à lui souligne que « c'est dans cette universalité que l'on trouvera une éventuelle portée sociale et politique à ce qui est d'abord un beau film, grave et déchirant. » (Le Monde, 18 janvier 2006, Thomas Sotinel, « À l'Ouest, un amour impossible »).
Deux principales voix dissonnantes, dans un concert quasi-unanime de louanges qui vont de l'Humanité au Figaro. Les Cahiers du cinéma, tout en reconnaissant au cinéaste Ang Lee d'être « décidément aussi passionnant qu'inégal », regrettent que le film « bloque toute effusion et condamne au surplace de la belle image, hormis quelques forts passages de montagne et le court éblouissement d'un soir de fête foraine » (n° 608, janvier 2006). La revue française de critique de cinéma Positif (n° 539, janvier 2006) est encore plus sévère en considérant qu'Ang Lee a tiré de la nouvelle «un film académique et longuet qui collectionne les cartes postales. […] L'ensemble sombre assez vite dans le mélodrame lourdaud où tout est surligné et dans la guimauve ».
Ce film risquait fort d'être contesté lors du 62e festival du film à Venise où il a été présenté pour la première fois dans la grande salle du Lido le jeudi 4 septembre 2005. « Mais c'est un surprenant tonnerre d'applaudissements qui a conclu la projection de ce qu'il faut bien appeler le premier western homosexuel épique et hollywoodien » (Libération, 5/09/2005) et le film a remporté le Lion d'or, après avoir été un des pics d'émotion du festival.
« Spécialisé dans ce registre de la vie gay en milieu hétéro (Garçon d'honneur), l'Américain Ang Lee récidive avec la mise en images grandioses de l'un des plus tenaces fantasmes homo : le western pédé, l'amour entre cow-boys (en l'espèce, on pourrait dire «co-boys»), sur fond de paysages magnifiques, de feux de camp et de baignades nues dans les rivières édéniques du Wyoming. De ce motif, on connaissait déjà la version avant-garde mutique d'Andy Warhol (Lonesome Cow-boys), d'innombrables versions pornos ou même le point de vue lesbien développé par Gus Van Sant dans Even Cow-girls Get the Blues. Mais il manquait la version hollywoodienne et grand public, panoramique et classique, qu'Ang Lee vient de signer avec une belle audace, après le succès mondial de Tigre et Dragon. Le plus réussi dans cette passion déployée sur plus de vingt ans entre deux très beaux cow-boys hétéros et mariés (Heath Ledger et Jake Gyllenhaal : on prend les deux), c'est justement que leur amour ne s'explique pas : il s'impose, et d'abord à eux-mêmes » (Libération).
Drôle de mélange entre les conventions du western canonique, pratiquement toutes respectées, et l'incongruité d'un thème à la fois sentimental et viril, Brokeback Mountain, qui peine peut-être un peu à s'installer dans ses premières séquences, atteint de vrais pics d'émotion dans sa seconde partie, plus âpre et finalement tragique. Ce n'est sans doute pas du John Ford ou du Nicholas Ray, mais c'est un bel hommage au genre western et à ses maîtres, même si ceux-ci, possiblement, s'en seraient étranglés.
« J'étais au Texas avec Larry McMurtry et des amis. L'un d'eux m'a donné le New Yorker en me recommandant d'y lire la nouvelle d'Annie Proulx. Aux deux tiers, j'avais déjà les larmes aux yeux. Je me suis levée le lendemain matin et l'ai relue, parce que je voulais voir si elle me faisait autant d'effet que la veille. Elle m'a touché encore davantage et j'ai demandé à Larry de la lire. Larry a trouvé que c'était la meilleure nouvelle qu'il ait jamais lue dans le New Yorker et nous avons décidé d'écrire à Annie Proulx pour lui faire part de notre souhait d'écrire un scénario à partir de cette histoire. », Diana Ossana, scénariste et productrice du film, Notes de production, « Dossier de presse ».
Succès commercial :
Le film a d'ores et déjà rapporté plus de 160 millions de dollars de recettes au box-office (dont près de 50 % hors États-Unis), ce qui en fait le film produit par Focus Features le plus rentable (il n'aurait coûté que 14 millions de dollars, sans les coûts de promotion). Il se classe d'ores et déjà au 8e rang des films dramatiques depuis 1980, d'après IMDb. En France, au bout de la 12e semaine d'exploitation, il a dépassé 1 255 000 spectateurs, dont plus de 405 000 rien qu'à Paris, ce qui en fait l'un des plus beaux succès du début 2006 en France
Originalité du thème :
Outre le fait que le scénario est inspiré d'une nouvelle, la thématique du film est moins originale qu'il n'y paraît de prime abord. Il semble nécessaire de pondérer l'idée avancée d'un sujet « original » et « atypique », le western ayant été de très nombreuses fois utilisé comme support d'analyse de la condition homosexuelle dans le cinéma indépendant américain, ce depuis le début des années 1990. Ce qui, bien entendu, n'enlève rien aux qualités esthétiques du film ou au talent de son réalisateur
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